Humiliation avant consécration

Abdelaziz BlilidHumiliation avant consécration

Abdelaziz Blilid est un jeune poète amazigh originaire d’Aourir, région d’Agadir. Agé de 23 ans, il a dès son jeune âge initié le travail associatif amazigh que ce soit au sein de l’association Aourir présidée par son père ou à la section de l’organisation Tamaynut du même village. Entre les montagnes d’Aourir, la beauté des bananiers de son village et la fraîcheur de l’atlantique sans oublier son ancrage dans sa culture natale, Abdelaziz affiche son amour à son « awal amazigh » et développe un don de produire des expressions bien faites dans sa langue maternelle.
Avec le temps, il devient poète. Sa culture marginalisée, les beaux paysages de sa région et ses aspirations dans l’avenir lui inspirent de beaux poèmes.

 Etudiant en langue et littérature française à la Faculté des Lettres et des Sciences humaines à Agadir, il participe avec son recueil « amud n tlelli » (grains de liberté) au Grand prix de la littérature organisé par la chaîne marocaine 2M. Il  a reçu le premier prix, genre poésie amazighe. 

Comme tout jeune poète avant son premier prix, Abdelaziz attend avec bonheur et impatience le jour de sa consécration. Avant son invitation pour enregistrer l’émission télévisée, le 5 février 2009, le jeune poète a pris soin de bien présenter sa culture amazighe que ce soit au niveau de son habit ou de sa langue employée. Il a choisi un bon costume amazigh qui fait allusion aux siècles  de bravoure « tirrukza » amazighe avec des emprunts de la modernité, un Z, emblème de la culture amazighe dans sa dimension militante et une coiffure d’un jeune amazighe de l’époque moderne. Tout est bien choisie pour une meilleure présentation de la culture amazighe. Hélas, les responsables de l’émission avaient un autre avis. Sous prétexte qu’il gène le bon enregistrement de la voie, on lui demande d’enlever le  collier avec un Z  amazigh qu'il porte autour du cou. L’habit aussi doit être changé car, selon leur logique, il n’est pas en harmonie avec le décor des studios.
Notre jeune poète qui est déjà conscient de l’anti-amazighe qui reine dans les chaînes marocaines et notamment 2M se trouve dans l’obligation de choisir entre les exigences amazighophobes de 2M et ses convictions amazighes. Il a décidé de ne pas s’incliner devant ces responsables et d’exiger de respecter son choix d’habit. Il a failli quitter les studios de 2M et abandonner le prix. Enfin, il réussi à imposer aux responsables de la chaîne, l’habit marocain amazigh, le Z sur la poitrine et une langue amazighe bien exprimée. Il a reçu le prix des mains de Ahmed Boukouss, recteur de l’Institut royal de la culture amazighe.


L’émission est diffusée le 16 février 2009

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